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Une championne de l’économie circulaire à Bordeaux

« Tout à l’heure je m’embêtais un peu en réu, du coup j’ai bricolé un truc pour surveiller la consommation d’électricité de mon ordinateur en fonction de son activité. Je vais le partager à toute mon équipe. »

Cette anecdote m’a fait culpabiliser sur ma version de s’embêter en réu, un peu moins productive (plutôt de type gribouillis). Elle paraît en revanche à l’image de l’entreprise où elle s’est déroulée: transpirant la passion pour la tech, avec l’impact environnemental en ligne de mire et le goût de l’innovation. On n’éludera pas non plus le côté réu qui dure un peu, car en passant d’environ 200 employés à plus de 600 en cinq petites années, Back Market n’est plus exactement une entreprise en création. Début 2022, elle a même raflé le titre de licorne française la mieux valorisée. A peu près au même moment, son siège était déplacé de Paris à Bordeaux.

Evidemment les équipements les plus écologiques sont ceux qu’on ne produit ni n’utilise, mais on peut tout de même se réjouir de l’essor de la seconde main sur le marché du numérique et de l’électronique. En effet, la fabrication de ces appareils a un coût environnemental et social conséquent, principalement pour l’extraction des métaux rares qu’il contiennent. « Un ordinateur de 2 kilos mobilise, entre autres, 22 kilos de produits chimiques, 240 kilos de combustibles et1,5 tonnes d’eau claire », chiffre le chercheur allemand Jens Teubler*. Augmenter la durée de vie de nos équipements, à rebours de l’obsolescence programmée, constitue donc un réel enjeu. Le réemploi après remise en état en est un moyen clé. Back Market ne reconditionne pas elle-même les produits, elle met en relation acheteurs et vendeurs de reconditionné, en effectuant un grand nombre de tests aléatoires afin de vérifier la fiabilité de ses partenaires. Contrairement à d’autres market places, elle ne reçoit pas d’argent de sponsors et reste indépendante dans l’évaluation et le classement. Son algorithme vise à mettre en valeur le meilleur rapport qualité/prix.

J’ai eu l’occasion de rencontrer informellement deux salariés bordelais (en IT). Florian, le protagoniste de l’anecdote racontée en introduction, m’a notamment confié avec satisfaction n’avoir jamais été aussi « challengé » sur ses choix à impact environnemental au quotidien dans le cadre professionnel. Une telle motivation commune aide à souder les salariés. Et pas de triche, leur matériel est quasi 100% représentatif de leur activité: des ordinateurs reconditionnés sont installés sur des bureaux de récup’, dans un décor chaleureux. Le second salarié avec qui j’ai discuté avait lui opté pour Back Market car l’ambiance de travail lui avait semblé plus agréable qu’ailleurs, moins guindée. Il ne le regrette pas.

Back Market recrute régulièrement.

*Cité dans L’Enfer Numérique, enquête de Guillaume Pitron

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