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Carte bleue, tickets resto, chèque vacances… Et si on payait aussi en Miel ?

Payer en miel - Une goutte de Bordeaux

En 1932-1933, à Wörgl, le taux de chômage a diminué de 25%. Il augmentait de 20 dans le reste du pays. Qu’y avait-il de spécial dans cette ville autrichienne ? L’ancêtre des monnaies locales, qui ont le pouvoir de démultiplier les échanges sur un territoire. A Bordeaux, la Miel travaille à impulser une telle dynamique.

Pour ma part, j’ai longtemps été dubitative face à l’idée des monnaies alternatives, que je connaissais mal. Les exemple donnés par Marie-Monique Robin dans Sacré croissance ! ont éveillé mon intérêt.

Ailleurs

En 1973, à Fortaleza, au Brésil, 1500 familles de pêcheurs sont déplacées par la municipalité du littoral sur un terrain vague, sans ressources, formant le Conjunto Palmeiras. Dans ce bidonville, les habitants vivent dans des cabanes en bois, et gagnent un peu d’argent en tant que chiffonniers. Progressivement, ils décident de défendre leurs droits, et constituent une association des habitants du quartier, l’Asmoconp, en 1981. Certaines batailles sont gagnées, notamment l’accès à l’eau. Le quartier s’améliore. Mais la pauvreté reste la règle.

L’Asmoconp mène une enquête pour comprendre ce qui la nourrit. « Nous sommes pauvres parce que nous n’avons pas d’argent » est l’explication fataliste couramment donnée. En établissant une cartographie de la production et consommation dans le Conjunto Palmeiras, on découvre que seuls 20% des habitants font leurs courses dans le quartier. Le reste de l’argent péniblement gagné retourne au centre-ville.

L’Asmoconp crée alors la banque communautaire Palmas, qui accorde des microcrédits afin de soutenir la production locale des biens de première nécessité. Comme l’argent s’enfuit toujours, la banque lance une monnaie locale, acceptée par les commerçants du quartier, et des microcrédits à la consommation dans cette monnaie. Le cercle vertueux de l’économie locale prend. En moyenne, chaque palmas qui sort de la banque engendre 5 échanges avant d’y retourner. En 2015, 93% des habitants font leurs achats dans le quartier. 1800 emplois et 250 entreprises ont été créés.

Cette réussite fait écho à d’autres, notamment le Wir en Suisse, ou le Chiemgauer en Bavière. L’expérience de Wörgl reste fondatrice. En émettant des bons-travail, la mairie a réussi à combattre la misère et payé une partie de ses dettes. Le tribunal administratif a mis fin à l’expérience, décriée par la banque centrale et le gouvernement.

Aujourd’hui, environ 2 500 systèmes de monnaie locale existent dans le monde. En France, ils sont officiellement autorisés dans la loi Economie sociale et solidaire de 2014.

A Bordeaux

Miel, monnaie locale - Une goutte de Bordeaux

A Bordeaux (et dans des villes proches), la Miel (Monnaie d’Intérêt Economique Local) est en circulation depuis 2013. Elle est gérée par une association du même nom. La Miel défend un projet d’expérimentation pour une économie au service des hommes et de l’écologie.

Pour l’utiliser, il faut adhérer à l’association, en tant que particulier, association, professionnel ou collectivité locale. Les collectivités, associations et professionnels doivent soumettre un dossier de candidature. 200 structures sont aujourd’hui adhérentes : elles acceptent le paiement en Miel et certaines rémunèrent en partie leurs salariés avec. Tous les particuliers sont invités à rejoindre le réseau, en s’acquittant de frais d’adhésion de montant libre (à partir de 1 euro).

Une fois adhérent, on peut obtenir des miels contre des euros à un comptoir d’échange. Le cours est fixé à 1 Miel = 1 Euro.

Les structures ont la possibilité de reconvertir leurs miels en euros, dans le cas où elles rencontreraient des difficultés à les réutiliser.

Pour en savoir plus:

Carte des endroits où circule la Miel

https://www.lamiel.net/foire-aux-questions

Plus d’infos sur les associations bordelaises sur la page dédiée.

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