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Climat, un jeu coopératif

Une goutte de Bordeaux - Blog - Fresque du climat

« La dilatation de l’eau ». J’avoue, celle-ci, je ne l’aurais pas trouvée.

Cédric dévoile la carte: le placide monsieur à sa droite a trouvé la bonne réponse. Je demande une précision : ce dont on parle est le phénomène par lequel l’eau, quand sa température augmente, gagne en volume. « Comme quand ta casserole déborde. » Sauf que, s’agissant des océans, diminuer l’intensité de la chaleur prend un peu plus de temps.

Dominos express

Une goutte de Bordeaux - Fresque du Climat - Fresque Quiz - Place Pey Berland

Place Pey Berland, 14h30. Cédric et François-Joseph (FJ) ont installé un tableau blanc, que je qualifierais de grand s’il n’était pas au pied de la cathédrale. Dessus, des cartes cachées par des morceaux de papier colorés sont reliées entre elles par des flèches dessinées au feutre. Quelques unes sont déjà face découverte. Il s’agit de deviner les autres. Entre le memory géologique et le dixit dépressif, on se laisse étonnamment prendre au jeu. A gauche, 4 grandes activités humaines : agriculture, bâtiment, transport, industrie. A droite, les conséquences chaînées de leur fonctionnement actuel. Avec les 2 autres participants, nous parvenons à rétablir le gros des mécanismes. Cédric nous aide pour les maillons plus techniques ou moins médiatisés.

Des chiffres et des lettres

Pas de miracle, le tableau final est assez noir. Heureusement, le second atelier nous incite à pencher du côté des solutions. D’abord, dans la vie quotidienne, identifier les impacts majeurs, avec des ordres de grandeur. Pour chaque thématique, nous sommes invités à situer notre comportement, envisager des manières de compresser notre production d’équivalent CO2. Manger moins de viande, 1 aller-retour Paris-New-York, pourquoi pas, mais « amorti » sur 20 ans… J’écoute un peu distraitement, car un nouveau groupe a attiré mon attention.

Une goutte de Bordeaux - Blog - Fresque du climat - Consommation

Action ou vérité ?

Une femme vient d’alpaguer François-Joseph, occupé à réinitialiser le premier quiz. « Il y a un problème dans votre calcul ! » Les montants des consommations par poste (alimentation, logement, services publics, transports, équipement) affichés sur la banderole comparés au 2 tonnes de CO2 visés la font tiquer. Effectivement, ça ne rentre pas. Effectivement, on a un problème. La dame demande d’autres chiffres, la consommation médiane lui paraît plus encourageante à comparer. Son amie secoue la tête, il faut penser aux ruraux, ils n’ont pas le choix de se passer de leur voiture. Et puis, les chinois, eux, ils en veulent toujours plus. Sans remettre en question ces points, FJ tire la discussion vers le changement que chacun peut impulser, et la responsabilité des pays occidentaux. « On n’a pas le choix, c’est de la physique, si je lâche ce feutre, il tombe. » Rapport du GIEC à portée de main, il leur demande si elles ont déjà vu des coraux. Touché ! Elles s’inquiètent du tourisme de masse qui les menace. 1,5 degré, 80% de coraux en moins, 2 degrés, 99,9%. FJ leur montre les graphiques. Comment faire ? L’une des dames fustige la COP26, et les dirigeants venus en jets. Un enjeu politique se dessine, et le débat restera ouvert avec une exhortation à voter pour un candidat qui agira, sans évoquer aucun nom.

Le bouge-à-oreille

La Fresque du Climat est apolitique. Elle se concentre sur la diffusion à grande échelle de l’information, et la sensibilisation de tous, entreprises, politiques, scolaires, particuliers. L’association a été créée par Cédric Ringenbachspécialiste du changement climatique qui a dirigé le Shift Project de 2010 à 2016. Par la formation massive de personnes aux enjeux climatiques, elle vise l’atteinte du point de bascule social qui permettra le tournant vers un monde bas carbone.

Go go go !

L’atelier auquel j’ai assisté est une fresque-quiz. Au milieu de la place, sur laquelle débouchent 14 rues, le stand intrigue. Quelques-uns viennent participer, certains jettent juste un oeil en passant, d’autres restent en retrait, observateurs. Plusieurs personnes s’arrêtent pour discuter. Les deux animateurs s’appuient sur les savoirs de leurs interlocuteurs, les complètent, recourent à des images pour faire réagir.

Je repars avec des connaissances en plus, l’envie renouvelée de participer à faire du futur un endroit vivable et un rendez-vous le 25 novembre prochain pour une fresque version intégrale (3 heures), à Talence.

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