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3 startups bordelaises inventent le futur du vélo

Le vélo gagne toujours plus d’adeptes, et c’est une bonne nouvelle: son usage ne pollue pas, il maintient en forme, il prend moins de place dans l’espace public que les voitures ou les bus. Réticence à cause de la côte à monter avant d’arriver au bureau ? Le vélo électrique est là pour vous servir. Peur de se faire voler son vélo personnel, flemme de passer du temps à l’entretenir ou de le trimballer ? Il y a les vélos en libre-service. La diversification des usages du vélo a contribué à lui donner un nouvel élan, mais pose aussi de nouvelles questions : peut-on encore parler d’un moyen de transport écologique lorsqu’on ajoute une batterie au lithium ? Gagne-t-on vraiment en praticité si on doit se taper 4 stations de V3 avant de trouver un engin fonctionnel ?

3 startups bordelaises proposent des solutions à ces défis.

Gouach s’attaque à l’empreinte carbone des batteries de vélo

Développer l’usage du vélo électrique constitue une opportunité écologique en France, où l’électricité est largement décarbonée, et où encore près de la moitié des déplacements de moins de 1km étaient effectués en voiture en 2017. Le vélo électrique permet en effet comme la voiture un déplacement individuel relativement rapide et peu fatigant. Un point noir reste la fabrication des batteries, qui nécessite l’extraction de métaux rares dans des pays au mix énergétique fortement carboné, consomme énormément d’eau et pollue les sols.

Les batteries classiques ont une durée de vie faible, de 2 à 5 ans sur un vélo utilisé quotidiennement. Elles doivent ensuite être collectées et traitées en tant que déchets. 60 à 70% d’une batterie peut être recyclé, mais la quantité valorisée ainsi reste insuffisante et le processus très coûteux.

Or 70% des cellules des batteries jetées sont fonctionnelles. Mais comme les composants sont soudés, que les batteries sont conçues pour ne pas être ouvertes, quand une partie dysfonctionne c’est l’ensemble qui se retrouve à la poubelle. En réponse à cette absurdité, Gouach a créé une batterie démontable, qui permet d’identifier l’origine d’une panne et peut être réparée facilement, en toute sécurité. Gouach continue à perfectionner son modèle afin d’allonger au maximum l’espérance de vie de ses batteries de vélo, qui atteint 10 ans actuellement. L’empreinte écologique diminue ainsi de plus de 50%. Cerise sur le gâteau, une seconde vie attend les batteries après leur carrière de cyclistes, dans un usage qui requiert moins de puissance, par exemple l’éclairage .

Gouach - Batteries réparables pour vélos électriques

Qucit veille sur les stations de vélos en libre-service

Suite à la mise en service des V3, Raphaël Cherrier, alors enseignant-chercheur à l’Université de Bordeaux, a commencé une étude sur le comportement de ses usagers. Lui-même abonné, il lui arrivait souvent de ne pas trouver de vélo à sa station ou bien de ne pas avoir de place pour reposer celui qu’il venait d’utiliser. C’est ainsi qu’a pris forme Qucit. L’entreprise se positionne en tant qu’acteur de la « smart city »: elle a pour objectif d’utiliser le numérique et l’intelligence artificielle pour rendre les villes « plus agréables et plus durables ».

Aujourd’hui forte d’une équipe d’une vingtaine de personnes, son produit phare est Qucit Bike, un logiciel d’exploitation des flottes de véhicules. Leur but ? Que vous trouviez toujours un vélo à deux pas de là où vous en avez besoin ! Pour cela, leurs outils optimisent notamment l’organisation des recharges de station et la maintenance des véhicules.

Pony s’associe avec les usagers

Si le déploiement de stations de vélos en libre-service depuis 2005 a rapidement convaincu les usagers, les collectivités et les opérateurs ont été surpris par le taux de dégradation et de vols, qui a fait s’envoler les coûts de maintenance du service. Selon Pony, société née à Angers et présente à Bordeaux, une part du vandalisme vient de ce que ces vélos semblent n’appartenir à personne. Causer un dommage à une entité abstraite, la ville ou l’opérateur, paraîtrait insignifiant. Pony a donc fondé son modèle économique sur le partage de la possession des flottes avec les utilisateurs : chacun peut acquérir un pony, le laisser à disposition des usagers, et gagner ainsi 50% des coûts des trajets parcourus avec. Pour les créateurs de Pony, c’est un moyen de mettre les utilisateurs au centre de l’économie du partage, et de jouer sur l’empathie pour limiter les dégradations. Quelques mois après le lancement en 2018, Pony a annoncé voir ses intuitions confirmées, avec un taux de dégradation des vélos divisé par 3.

Sources

https://www.leparisien.fr/video/video-le-boom-du-velo-electrique-est-il-une-bonne-ou-une-mauvaise-nouvelle-pour-la-planete-25-04-2021-VWEBIUPDCRASBFATKKM7TF7FXY.php#:~:text=Une%20batterie%20de%20v%C3%A9lo%20%C3%A9lectrique,du%20cobalt%20et%20du%20nickel.

https://www.europe1.fr/societe/velo-electrique-le-recyclage-des-batteries-reste-insuffisant-3989130

https://www.curieux.live/2020/06/24/ca-roule-durable-pour-les-deconfines/

https://www.lepoint.fr/societe/paris-jusqu-a-un-millier-de-velib-voles-chaque-semaine-09-07-2019-2323451_23.php

https://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/13-heures/velos-en-libre-service-un-succes-pour-les-utilisateurs-un-bilan-mitige-pour-les-entreprises_2556605.html

https://www.lemonde.fr/economie/article/2015/05/19/le-velo-en-libre-service-a-dix-ans-mais-toujours-pas-de-modele-economique_4635865_3234.html

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